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Choisir de délaisser les régimes pour tenter l’alimentation intuitive peut engendrer plusieurs craintes bien légitimes.

L’approche anti-régime et l’alimentation intuitive diffèrent en tous points aux régimes : elles sont axées sur l’écoute de nos signaux et de nos envies et sur une relation saine aux aliments alors que les régimes prônent la restriction et le contrôle et font en général abstraction de nos envies et préférences alimentaires. Pour plus d’informations, lisez le précédent article de ce blogue, L’approche anti-régime.

Tout changement s’accompagne d’inconfort et de nouveauté, alors il est important de prendre un moment pour identifier vos blocages pour ensuite les travailler. Voici mes réponses aux craintes les plus souvent entendues en consultation :

1. J’ai l’impression de toujours avoir faim, même après les repas, alors j’ai peur de ne jamais arrêter de manger si je commence à écouter mes signaux!

Si vous avez suivi des régimes par le passé, vous vous êtes restreint(e) pendant une certaine période. Or, la restriction alimentaire peut avoir pour conséquence l’arrêt de l’envoi du signal de faim et/ou de satiété, car un cerveau dénutri réserve l’énergie aux fonctions vitales du corps uniquement. Si vous ne ressentez pas la faim et/ou la satiété et le rassasiement, il est possible que votre corps se croit encore en restriction.

Notre stratégie consistera donc avant tout à manger suffisamment et régulièrement. Votre corps comprendra alors que la période de famine est terminée et recommencera à vous envoyer des signaux clairs. Ensuite, il faudra apprendre à écouter ces signaux en vous connectant aux sensations, textures, arômes pendant votre repas.

Vous apprendrez donc à retrouver confiance en votre corps et en sa capacité à vous indiquer la quantité d’aliments à consommer.

2. Si je me laisse aller à mes envies, je vais juste manger des ______________ (insérer ici vos aliments interdits préférés)!

Après des semaines, des mois, des années de contrôle alimentaire, vous redoutez ce qu’il arrivera lorsque vous vous permettrez enfin de manger des aliments culpabilisants. Vous vous imaginez manger des beignes glacés au chocolat, une baguette de pain tout juste sortie du four, une poutine extra-fromage et une montagne de poulet frit…

Tout comme pour la restriction en Calories, la restriction d’un certain type d’aliments crée une peur du manque. Quand l’accès à ceux-ci est restreint, le corps aura envie de faire le plein lorsqu’ils redeviendront disponibles en prévision de la prochaine famine.

Pour diminuer cette impression de manque, on intègre les aliments auparavant évités graduellement. Cela permet de les apprivoiser et de réduire la peur de trop en manger.

Oui, au début, la plupart de vos envies concerneront probablement des aliments que vous évitiez, mais une fois qu’ils sont réintégrés, les envies se diversifieront. Vous aurez alors envie d’aliments de différents groupes alimentaires. J’ai d’ailleurs entendu plusieurs clients déclarer d’un air surpris qu’ils ont sincèrement eu envie d’une salade. Incroyable, mais vrai!

3. Suivre mes envies va nuire à ma santé.

L’univers des régimes encourage le tout ou rien; soit tu réussis le régime, soit tu l’échoues, soit tu prends soin de toi, soit tu te nuis. Or, ce que les régimes présentent comme « santé » ne l’est pas nécessairement. Prenons exemple sur les féculents. Plusieurs régimes les interdisent ou les restreignent alors que les glucides qu’ils contiennent représentent le carburant le plus efficace pour le corps, en particulier pour le cerveau et les muscles. Notre organisme utilise et aime les féculents!

Aussi, les aliments plaisir, que ce soit du gâteau, des bonbons ou des frites, contiennent des nutriments utiles pour le corps. Le gâteau, par exemple, contient de la farine (un féculent!), du lait (bonjour vitamine D, calcium et protéines!) et des œufs (source de protéines), tous des ingrédients que le corps utilise.

Rarement mentionné, mais tout aussi important, le stress, dont celui relié à l’alimentation et à la restriction, peut nuire à la santé. Il augmente le risque de souffrir de maladies cardiovasculaires, de désordres gastro-intestinaux (comme des brulements d’estomac) et de diabète, entre autres, et nuit à la qualité de vie en général. Réduire le stress et la culpabilité alimentaire (en apprivoisant ses envies) permettrait donc d’améliorer sa santé physique et mentale.

D’ailleurs, selon une centaine d’études, l’alimentation intuitive contribuerait à la santé. Les mangeurs intuitifs auraient une alimentation plus variée et plus satisfaisante tout en ayant un risque réduit de souffrir de maladies cardiovasculaires.

En conclusion

Bien que l’alimentation intuitive puisse éveiller chez vous quelques craintes, elle a beaucoup à offrir. Elle vous permettra de découvrir (ou redécouvrir!) vos signaux et vos envies dans le plaisir et la sérénité et contribuera même à votre santé sur le long terme.

Maude Martinez, Nutritionniste, Dt.P.